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Remaniement : A quoi pourrait ressembler le futur gouvernement ?
samedi 28 juillet 2012
A l’orée du grand Oral du président, prévu le 5 août à partir d’Atar, et alors que les multiples tentatives de jeter des ponts avec la COD, semblent inéluctablement vouer à l’échec, le président penserait sérieusement, dit-on dans son sérail, accorder une réponse positive à l’attente publique, de plus en plus pressante, d’un changement de gouvernement. Ce remaniement plausible ne surviendrait, cependant, qu’au lendemain du Ramadan.
Le président Aziz dont on dit être de nature réservé suivra-t-il la tendance de l’appel au changement ? Ou privilégiera-t-il le modèle Taya "déjouant " (pour ne pas dire déroutant) souvent les pronostics ? Une chose semble pourtant sûre : toutes les opinions se retrouvent autour de l’importance d’un changement de gouvernement et de son mode opératoire.
L’antipathie du gouvernement Moulaye Ould Mohamed Laghdaf n’a plus, en effet, d’égale que l’image indélicate qu’en a une majorité de mauritaniens. Le premier Ministre a certainement battu le record de longévité, jamais égalé.
Mais cette stabilité n’exprime malheureusement pas la vitalité de son action, nonobstant les réalisations effectives. Le gouvernement est de plus en plus empêtré dans d’inextricables déceptions voire des incompréhensions de sa propre mission. Une opinion partagée souhaiterait de tous ses vœux que ce gouvernement cède la place à un autre "plus entreprenant" et surtout plus "efficace et plus crédible".
Dans le camp même de la majorité, on voit dans un changement de gouvernement, la potion "nécessaire " pour la mise en orbite des principaux partis soutiens du président pour les futures consultations législatives et municipales. On en veut pour preuve l’adresse du président à Nouadhibou pour la jeunesse. En ce sens, les soutiens du président croient dur comme fer que le futur gouvernement sera principalement formé de "jeunes technocrates ".
Des consultations pour lesquelles la Coalition de l’Opposition Démocratique (COD) ne semble d’ailleurs pas se préparer elle même. En effet, le sentiment au sein de la COD est que le boycott des futures échéances risquerait de l’emporter sur la participation, tellement les clivages entre les deux camps (Pouvoir et Opposition) semblent insurmontables.
Face à l’offre de dialogue du Pouvoir, par opposition interposée, la COD répond par son exigence de "démission " du président élu. Mais le boycott quoique constituant un rejet de légitimité d’éventuelles élections reste aussi un énorme piège pour la COD si elle devait laisser libre court aux partis de la majorité et à l’Opposition dialoguiste (APP et Wiam) pour lui ravir la représentation populaire.
La COD fera donc, dans cette perspective, face à un choix pour le moins cornélien. Participera, participera pas ? C’est le sentier sur lequel devrait évoluer la COD avec l’avancée des opérations de réformes de l’état-civil. Dans sa quête d’une nouvelle dynamique qui sorte le gouvernement de son laxisme et de sa léthargie la rumeur -autre expression populaire- enfle de plus belle.
Sur toutes les lèvres, ce changement du gouvernement ne peut être qu’imminent. Un vœu caressé pour rompre avec la monotonie ambiante. Et les observateurs y vont de leur train. Sans être véritablement l’ouverture de consultations officielles (loin s’en faut) des noms reviennent de plus en plus, pour donner les contours d’un nouvel exécutif débarrassé des pesanteurs de son prédécesseur.
Si l’ouverture aux partis APP de Ould Boulkheir et du Wiam de Boidiel Ould Houmeid, ne pourrait se faire qu’au lendemain des futures élections, sous la forme de gouvernement élargi ou d’union nationale, pour le président Aziz, à mi-mandat de son quinquennat, l’intérêt est de rééditer un nouveau gouvernement technocrate pour booster la visibilité des réalisations de son programme politique, mis à mal par des conditions climatiques internes difficiles, un environnement mondial hostile (crise financière) et les secousses d’un printemps arabe que la COD voudrait faire siennes.
A ce climat confus il faut aujourd’hui ajouter le rôle du gouvernement dont le principal maestro (le PM) somnolait toutes ses trois dernières années durant. De 2008 à nos jours, malgré le mini-remaniement observé en 2011 au sein même du camp du président, le gouvernement actuel parait "saturé". Mais c’est plus le premier Ministre qui est mis en cause, en fait, que l’équipe dans son ensemble.
"Symbole " de la période d’exception (seconde transition militaire), le premier Ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf ne semble pas s’être départi, aux yeux du citoyen lambda, de cette " casquette ". Le PM n’a pour ainsi dire pas su s’adapter lui-même se contentant de rappeler qu’il est là par la volonté du chef. Soit, mais est-ce une fin en soi. Pour une grand partie de mauritaniens, le plus grand inconvénient du PM est qu’il n’a pas pu s’illustrer homme de terrain…
Il vit très certainement retranché" dans sa tour d’ivoire (Primature) tenant en laisse le gouvernement. Le PM vivrait bien cet ostracisme. Indéniablement, des fausses notes fusent avec une baguette "ordinaire" dont le PM abuse. C’est même la cacophonie totale pour le gouvernement. Paradoxalement d’ailleurs, le chef d’orchestre -qui sera resté longtemps aux commandes- reste le moins connu de ses pairs.
Et malgré cela son maintien exacerbe aujourd’hui l’opinion y compris les grandes franges acquises au président. Les détournements du programme Emel et le manque de sérieux de son suivi, dans les conditions vécues par les populations notamment à l’intérieur du pays, ne sont pour ainsi dire que la partie visible de l’iceberg. Il ne manque pas de prétendants dans l’écurie présidentielle.
Quelques noms sont avancés pour remplacer Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Il s’agit entre autres de Lemrabott Ould Sidi Mahmoud Ould Cheikh Ahmed, de Isselkou Ould Ahmed izidbih (son dircab) et bien d’autres encore...
Quelques ministres sauveraient leurs têtes
Dans cet imbroglio gouvernemental, quelques ministres sauveraient leurs têtes. Il s’agirait notamment du ministre des affaires étrangères, Hamadi Ould Baba Ould Hamadi. Des raisons objectives militeraient pour son maintien, en dépit des secousses vécues par son département relativement aux nominations pas trop "diplomatiques " au goût des fonctionnaires de son département. Les dossiers brûlants et sensibles comme le nord-mali et ses prestations discrètes lui accorderaient des circonstances atténuantes, pour le moment.
Dans ce registre, on évoque également le maintien du ministre de la Justice. Le dosage ethnique n’est pas la seule considération. Abidine Ould Kheir gère actuellement des dossiers aussi explosifs que celui du ministère des affaires étrangères. Il s’agit notamment de l’affaire Biram Ould Dah de l’Ira, de l’affaire Ould Dadda…
Les rares notes de satisfaction pour le travail effectué sont allouées pour les ministres des transports et de l’équipement, Yahya Ould Hademine, Taleb Ould Abdi Vall, ministre des mines et de l’énergie, Ismail Ould Bodde Ould Cheikh Sidiya, ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, Hamdi Ould Mahjoub pour sa mission accomplie au département de la communication et des relations avec le Parlement ainsi que l’inamovible " jeune" Imam Ould Neini, malgré la fronde des Islamistes.
Thiam Diombar, cité héritier du Maed dont le titulaire baigne dans des déconvenues tous azimuts à commencer par les multiples affaires entourant d’opacité totale le montage des dossiers d’investissements et le sabotage du comité interministériel chargé du suivi de la table-ronde des bailleurs de fonds, serait finalement prédestiné au poste de Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République . Le ministre du développement rural est également compté parmi ce lot de sursitaires.
JD
Composition du futur gouvernement
– Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République Thiam Djombar
– Ministre d’Etat à l’Education Nationale, à l’Enseignement supérieur et la Recherche Scientifique Baba Ould Boumeiss
– Ministre de la Justice Abidine Ould El Kheir
– Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Hamadi Ould Baba Ould Hamadi
– Ministre de la Défense Nationale Sidi Ould Didi, actuel ambassadeur de notre pays au Sénégal
– Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Mohamed Ould Maaouiya
– Ministre des Affaires Economiques et du Développement Hassen Ould Zein
– Ministre des Finances Mohamed Yahya Ould Horma
– Ministre des Affaires Islamiques et de l’Enseignement Originel Ahmed Ould Neini
– Ministre de la Fonction publique et de la Modérnisation de l’Administration Me Hamdi Ould Mahjoub
– Ministre de la Santé Bâ Madine
– Ministre du pétrole, de l’énergie et des mines Taleb Ould Abdivall
– Ministre des Pêches et de l’Economie Maritime Mohamed El Ghali Ould Kerkoub
– Ministre du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et du Tourisme Kelly Oumar Saada
– Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire Ismail Ould Bodde Ould Cheikh Sidiya.
– Ministre du Développement rural Ahmed Zeidane Ould Mohmed Mahmoud
– Ministre de l’Equipement, et des Transports Yahya Ould Hademine
– Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement Brahim Ould M’Mbareck Ould Mohamed El Moctar
– Ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports Fatimetou Mint Abdelmalick
– Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement Cheikh Abdellahi Ould Houeibib
– Ministre des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille Khadjetou Mint Doua
– Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé de l’Environnement et du Développement Durable Mohamed Youssouf Diagana
– Ministre délégué auprès du Ministre d’Etat à l’Education Nation chargé de l’Enseignement Secondaire Yarba Ould Sghaer
– Ministre délégué auprès du Ministre d’Etat à l’Education Nationale chargé de l’emploi, de la Formation Professionnelle et des Technologies Nouvelles Yeslem Ould Hamdane
– Secrétaire Général du Gouvernement Dane Ould Ethmane
– Commissaire à la Sécurité Alimentaire Mohamed Ould Mohamedou
Source : Le Quotidien de Nouakchott